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 Pochade de Takanori Serikawa

L'hiver sur l'archipel

 
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Verrerie la Méduses

couleurs et transparence...

 
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Cette pochade de Takanori fut exécutée  près du port de mer de l'Étang-du-Nord en 2007.  On y voit l’avancée, maintenant disparue, d’une falaise qui, avec un peu d’imagination, rappelle la forme du sphinx de Gizeh.  Par ses multiples instants de contemplation le long des berges et ses croquis du littoral, Taka rend compte des transformations qui prennent place et s’accélèrent par l’absence de plus en plus marquée du couvert de glace.

 
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Hélène Chevarie, dans un moment de détente photographiant la nature.

Crédit photo : Luc Miousse

 
La fille du Sable
 
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Photo : J. Landry
 
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Photo : J. Landry
 
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Photo : Patricia Landry
 
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Photo : Patricia Landry
 
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Photo : G. Chiasson
 
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Photo : G. Chiasson
 
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Photo : G. chiasson
 
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Photo : J. Landry
 
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Photo : J. Landry
 
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Photo : J. Landry
 
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Photo : J. Landry
 
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Photo : J. landry
 
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Photo : M. Poirier
 
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Photo : J. Landry
Blog du Réseau

La fille du Sable

07/06/2012 11:15:09

La fille du Sable
 
« Je suis née là-dedans, dans le sable, j’avais trois, quatre ans quand l’aventure a commencé, le désert américain faisait aussi partie de ma vie, de mes racines… »


Au début des années quatre-vingt, sur la Grave, une jeune fille de quatre ou cinq ans fait sa première exposition; des œuvres naïves et fraîches comme celle d’un renard sur deux pattes qu’elle a gardée et qui me rappelle une citation célèbre de Picasso « J’ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant ». Le journal local y consacre un petit article et la toute jeune artiste Pauline-Gervaise Grégoire, qui vend la presque totalité de ses œuvres à cinq dollars, en ressent une vive fierté …


Pauline-Gervaise Grégoire a grandi dans une famille où les voyages, la créativité et l’entreprenariat faisaient partie d’un mode de vie. Une famille aux accents de bohême avec des parents professeurs qui, pendant quelques hivers, ont parcouru, avec les enfants, les paysages et les déserts du Sud-ouest américain.


Ces paysages désertiques et ces espaces du Far West américain ont nourri son imaginaire d’enfant. Encore aujourd’hui, les quelques fois où le besoin de ressourcement et l’envie des grands départs la prennent ce sont ces espaces qui deviennent des lieux tout désignés pour ces escapades salutaires, de lieux où le sable est toujours présent.


Les Artisans du sable
 
Ce qui nous transporte au cœur d’un élément central dans la famille de Pauline-Gervaise, le sable. Du sable des déserts californiens au sable de toutes provenances, c’est avec le sable fin de l’archipel, ce sable des racines premières que Nicole Grégoire et Albert Cummings, les parents de Pauline-Gervaise, créeront en 1981 leur entreprise Les Artisans du Sable. Au début, le sable s’utilise un peu à la manière d’un médium dans la confection d’abat-jours, une production de Nicole. La superposition des couleurs aux tons ambrés, les différentes textures et le jeu des transparences dans la manipulation de cet élément donnent à cette production une note à la fois feutrée et aérienne qui rend bien le respect de la famille envers cette matière.



La découverte de la colle
 
Cette aventure s’installera dans le temps avec l’acquisition de la bâtisse à l’entrée de la Grave et ces multiples réaménagements et agrandissements. Mais, c’est lorsque Nicole et Albert demanderont la collaboration technologique du Centre de recherche industrielle pour la mise au point d’une colle capable d’amalgamer le sable et d’en faire un matériau stable et résistant dans le temps que de nouvelles portes s’ouvriront pour nos artisans. Ce procédé sera la base de l’expansion de la gamme de produits créés et fera en sorte que l’entreprise sera en mesure d’agrandir l’équipe et d’intensifier sa production.



Le Concours de Château de Sable

En 1987, ces marchands de sable organisent un Concours de Château de Sable sur la plage du Havre-Aubert. Cet événement sera un succès qui se renouvellera année après année. Albert et Nicole en seront les principaux organisateurs jusqu’à ce qu’ils délèguent cette organisation à une corporation indépendante.



Économusée du sable

Ensuite vient l’aventure de l’Économusée. Une aventure un brin inspirée de la fibre enseignante de Nicole et Albert et une façon de partager ce travail d’artisans avec tout le professionnalisme qui revient à ces artistes du sable. Cette entrée dans la grande famille des économusées du Québec en 2001 sera le point de départ d’une nouvelle réorganisation physique qui mettra en valeur la qualité et l’authenticité de ces œuvres formées du sable de l’archipel. Parallèlement, l’organisation du travail sera améliorée avec la construction d’une galerie reliant l’atelier à la boutique.



Des chemins qui ondulent, comme ceux que trace la brise sur le sable

C’est dans cette atmosphère créative où les projets s’accumulent, nourrie de grands voyages et les pieds ancrés dans le sable de l’archipel que Pauline-Gervaise grandit. Peut-être que cela la prédisposait à suivre les traces de ses parents. Néanmoins, ce désir ne se manifesta pas avant la mi-vingtaine et pas avant que ses parents organisent une rencontre, tout ce qu’il y a de plus formel, pour présenter l’entreprise, le travail qu’on y fait chaque jour, les opportunités et défis que cela pouvait présenter.


C’est qu’avant ce tournant, Pauline-Gervaise avait, de la façon la plus saine, emprunté des chemins lui permettant de se connaître en dehors du cadre familial. Et ce sable tellement présent, qui avait fait partie de son enfance et lui avait procuré ses premiers boulots d’étudiante était en quelque sorte si proche d’elle qu’elle n’arrivait plus qu’à y voir une banale matière à tapoter.


Avec discipline, elle s’était investie tout au long de son adolescence dans une formation professionnelle en danse classique, jusqu'à ce qu’un choix s’impose entre cette option et une formation universitaire en communication, ce qu’elle choisit et termina avec un certificat en gestion du tourisme. Dans ses plans, elle se voyait parcourir le monde, diriger un ranch au Colorado, toujours loin de l’archipel.



L’acquisition des Artisans du Sable

À l’hiver 2005, elle fait l’acquisition de l’entreprise familiale, un investissement important pour une jeune femme de vingt-six ans, ce qu’elle précise avec fierté en mentionnant l’avoir achetée au prix duquel tout autre investisseur aurait pu l’obtenir. C’est qu’elle vient de prendre part à cette rencontre en compagnie du comptable et de ses parents, Nicole et Albert. En écoutant la présentation, elle comprend, pour la première fois, ce que cela représente réellement. Elle voit comment ce travail touche à différents aspects comme les communications, l’image, le marketing, l’exportation « c’était beaucoup plus large que je l’avais imaginé, ça touchait toutes sortes de domaines qui m’intéressaient… et ça impliquait des voyages… »


C’est alors que cette jeune entrepreneure fait son entrée dans une équipe déjà établie. Elle est la plus jeune et doit apprendre à placer son autorité. Elle aura la sagesse de bien s’entourer et saura comment aller chercher les appuis précieux à ce nouveau départ. Elle s’informera auprès des organisations d’aide à la relève et profitera de la présence d’un consultant qui l’accompagnera, elle et sa mère, sur une année, le temps de tout prendre en main.


Elle appuiera sa direction sur des valeurs qui lui sont fondamentales : le respect, l’excellence, l’intégrité, mais également le plaisir. Elle fera ses premiers pas en gestion des ressources humaines en même temps qu’elle touchera à tout ce qui concerne l’entreprise. Elle apprendra à gérer une équipe qui varie d’une quinzaine de personnes en haute saison à six ou sept personnes à l’année. Elle fera en sorte que l’entreprise prenne de l’expansion et pour ce faire, elle ne voudra plus dépendre de la trop courte saison touristique et misera sur le développement d’un des créneaux de l’entreprise, une brillante idée de ses parents, la fabrication d’urnes cinéraires.



De nouveaux marchés
 
« J’ai un pattern, je ne suis pas si vieille que ça, mais quand même je l’ai réalisé assez jeune, après cinq ans faut que je change… Je tourne en rond et il faut que je change. »



Pauline-Gervaise s’anime lorsqu’elle parle de nouveaux projets ou de défis. Avec les urnes, il aura fallu qu’elle trouve la meilleure façon de les vendre à partir des Îles, et encore une fois, elle saura où aller chercher les appuis. Avec des organisations comme GIMXport, le CLD, la SADC et des programmes du MDEIE, les Artisans du Sable feront leur place à l’international. Pauline-Gervaise avec son copain Martin, un précieux collègue de travail, partiront kiosque en main pour les grands salons d’exportation, feront la rencontre de distributeurs et agrandiront leur marché du Canada aux États-Unis, en Europe, jusqu’en Nouvelle-Zélande.


Plus que jamais, elle croit en l’innovation et en la planification stratégique de l’entreprise dans le temps. Elle voit les possibilités créatives, artistiques et utilitaires multiples des produits des Artisans du Sable. Puisqu’il se dégage trois créneaux principaux à l’entreprise : 1-La boutique, 2-les urnes, 3-le corporatif; c’est maintenant vers ce troisième volet que ses efforts se tourneront.



Travail et plaisirs en équilibre


À l’hiver 2011/2012, pour la première fois depuis l’acquisition de l’entreprise, Pauline-Gervaise a pu reprendre ses bottes de globe-trotter pour une assez longue période. Ce projet a été rendu possible grâce aux nouvelles technologies et c’est avec ravissement qu’elle raconte comment dans le désert avec son I Phone et 3G elle pouvait vérifier l’inventaire, compléter les factures, prendre les commandes, répondre aux fournisseurs et transférer les données à son équipe. Une expérience à renouveler sans aucun doute…


Un peu en filiation avec sa mère, elle garde toujours une petite production de lampes. Ces moments passés dans son atelier favorisent un certain équilibre, c’est sa petite échappatoire, un espace où elle se recentre. Quand on lui parle de la danse classique, elle s’exclame en riant qu’elle danse parfois dans son salon ou sur la plage… Néanmoins, son activité de prédilection est le kitesurf, un sport de glisse qu’elle pratique avec passion et qui lui procure un contact intime avec les éléments et la nature de l’archipel.


Avec un besoin de dépassement qui favorise les remises en question et un tempérament qui la porte naturellement à relever de nouveaux défis, parions que Pauline-Gervaise a encore devant elle bien des marchés à conquérir, des produits à développer et des projets à réaliser.




 

 

Publié par Jocelyne Landry •   Ajouter un commentaire  3 commentaires


Un bon article idéalisé. Dans toute entreprise aussi importante il y a surement des difficultés difficiles à traiter dans un blog public. Ceci n'enlève pas la grande qualité des articles de l'ensemble de ce blog. Bravo Jocelyne.
Edouard Posté le 18/08/2012 11:38:54
Quelle belle histoire ! J'ai partagé quelques moments avec Nicole et Albert dans la première boutique sur la Grave, j'avais 24 ans. J'en garde de précieux souvenir. Bonne continuité Pauline, c'est beau de te voir suivre la trace de tes parents tout en lançant ta marque. Carole Painchaud
Carole Painchaud Posté le 13/06/2012 15:38:24
C'est super, bien êcrit et tellement vrai . J'ai été témoin de tout cela. Bravo! Lorraine
Lorraine Posté le 09/06/2012 08:56:29



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